La chiropractie :

 

Une science, une philosophie, un art…

 

La chiropractie a été mise au point aux Etats-Unis à la fin du 19e siècle par David Daniel Palmer ; mais c’est son fils, B.J Palmer, qui oeuvra le plus pour sa reconnaissance et sa diffusion, d’abord en Amérique du nord, puis à travers le reste du monde.

 

En dépit de résultats thérapeutiques spectaculaires, la profession connut des débuts difficiles ; en effet, la médecine officielle, soucieuse de préserver son monopole, voyait d’un mauvais oeil le succès grandissant de ces praticiens atypiques spécialisés dans la thérapie manuelle. Bien des malades, déçus par la médecine allopathique, se tournaient vers la chiropractie, efficace et dépourvue d’effets secondaires.

Souvent, les patients ont du mal à distinguer entre chiropractie et ostéopathie. Il est vrai que pour un néophyte, les deux professions se ressemblent : après tout, les chiropraticiens et les ostéopathes ne manipulent-ils pas tous les deux le rachis ? En apparence, oui ; en réalité, non. Les techniques employées sont différentes, les ostéopathes utilisant davantage les mobilisations (mouvements amples et progressifs) et les chiropraticiens les ajustements. L’ajustement, outil de base du chiropraticien, est un mouvement physique très rapide et de faible amplitude visant à rétablir la mobilité de deux articulations bloquées entre elles (l’ajustement n’a rien à voir avec une manipulation, par définition grossière et peu sélective).
Sans rentrer dans les détails, l’ostéopathe fait rarement « craquer » les articulations de ses patients, tandis que le chiropraticien oui. Par ailleurs, s’appuyant sur des fondements qui leur sont propres, les deux professions ont chacune leur identité et leur originalité.

Une précision : si, dans les pays anglo-saxons, le titre de Docteur en ostéopathie (D.O) s’obtient à la suite de six années académiques, tout comme le titre de Docteur en chiropractie (D.C), il n’en va pas de même en France, où la majorité des ostéopathes en activité sont en réalité des kinésithérapeutes ayant suivi une formation plus ou moins sérieuse à la fin de leurs études. Il ne s’agit pas de polémiquer, mais simplement de rappeler les faits.

Le principe de cette médecine naturelle consiste à stimuler et à harmoniser le fonctionnement du système nerveux, grâce aux ajustements, précis et indolores, essentiellement pratiqués au niveau de la colonne vertébrale. Spécifiquement formé à cela, le chiropraticien recherche la présence de subluxations (des blocages intervertébraux compromettant le passage des racines nerveuses, et responsables de douleurs et de symptômes divers) en observant et en touchant la colonne.

Voir en bas de page un exemple de malposition vertébrale créant une inflammation et une compression nerveuse au niveau du passage du nerf dans le trou de conjugaison ; la racine nerveuse du milieu, comprimée, est plus fine que ses deux voisines.

Les subluxations apparaissent à la suite de traumatismes, de faux mouvements, de défauts posturaux chroniques, voire du stress ou d’un choc affectif… Les blocages articulaires ne disparaissent pas d’eux-mêmes ; une intervention externe est indispensable pour les résorber. Une fois la subluxation corrigée, le patient recouvre une plus grande souplesse, cesse de souffrir, et sa santé s’améliore.

D’autre part, l’intelligence innée - correspondant à la faculté inhérente de l’organisme de se maintenir spontanément en santé optimale - transite par le système nerveux ; or, cette intelligence innée (présente en chaque être vivant) est perturbée à chaque fois qu’une ou plusieurs subluxations affectent le rachis ; en quelque sorte, la lésion vertébrale induit un court-circuit qui se répercute dans le fonctionnement interne de l’organisme. Ainsi, une personne peut devenir malade à cause de la présence de subluxations, surtout si elles se trouvent en des points stratégiques du dos : charnière cranio-cervicale et région lombo-sacrée, par exemple. Pour être bien clair, l’intelligence innée est une énergie bienfaisante véhiculée par le système nerveux ; elle assure le bon déroulement des fonctions internes et veille à ce que chaque organe, chaque tissu, chaque système fonctionne au mieux de ses capacités, et en harmonie avec les autres.

Deux systèmes interdépendants assurent la régulation interne du corps, et il convient logiquement de s’intéresser à eux sitôt que la santé d’un patient devient défaillante :

 

* Le système nerveux (surtout la partie neurovégétative, véritable gardien autonome des fonctions vitales, et sur laquelle le chiropraticien intervient grâce aux ajustements vertébraux)

 

* L’appareil endocrinien, richement irrigué et innervé.

Voir en bas de page le schéma de distribution des nerfs du système nerveux autonome vers les tissus et les organes qu’ils innervent et alimentent ; en retour, ces derniers l’informent, par le biais de circuits neuronaux parallèles, de leur état général. On comprend mieux pourquoi une subluxation vertébrale, selon où elle est localisée, peut provoquer des dégâts internes.

Comme on le constate, ajuster une subluxation représente un acte thérapeutique très puissant. La première fois qu’un patient consulte un chiropraticien, c’est le plus souvent pour être soulagé d’un mal de dos tenace, d’une sciatique, d’un torticolis, d’une entorse cervicale, de douleurs intercostales… Rapidement, au bout de quelques séances, les symptômes s’estompent. Conquis par l’efficacité des soins, le patient veut savoir si cette médecine peut l’aider à vivre en meilleure santé ; la réponse est : oui, bien sûr ! Procurer une mobilité correcte à l’ensemble de la colonne vertébrale revient à optimiser l’efficacité du système nerveux. Le cerveau donne lieu à la moelle épinière, qui elle-même se ramifie en 31 paires de nerfs rachidiens, chacun sortant au niveau des trous de conjugaison, qui sont des orifices prévus à cet effet entre deux vertèbres adjacentes.

La capacité d’un organisme à maintenir naturellement son équilibre interne se nomme homéostasie. Lorsqu’une personne tombe malade, cela signifie qu’elle n’est plus capable, par elle-même, de pourvoir à sa propre homéostasie ; elle se tourne alors vers le praticien de son choix, ce choix étant souvent arbitraire et dépendant des connaissances, du système de valeurs, du contexte socioculturel, etc. de l’individu en question. Et si le patient ne trouve pas de soulagement en premier lieu, il se tournera vers un autre thérapeute, auquel il n’aurait pas nécessairement pensé de prime abord.

 

- Le médecin allopathe utilise des médicaments pour soigner, la prescription reposant fréquemment sur un rapport d’opposition : anti-inflammatoire, anti-spasmodique, anti-douleur… ou bien de substitution (insuline en cas d’insuffisance du pancréas, hormones thyroïdiennes de synthèse en cas d’hypothyroïdie, etc.). Disons, pour simplifier, que l’allopathie fonctionne de manière symptomatique et segmentaire. En revanche, la médecine moderne est non seulement indiquée mais performante dans la prise en charge des maladies graves et les traumatismes corporels lourds ; en cas de crise, c’est vers eux qu’il faut se tourner.

 

- La chiropractie oeuvre selon un tout autre principe ; avant de contrer les symptômes d’un patient, le docteur va tenter de comprendre pourquoi et comment cette personne est tombée malade. Cela oblige à une vue d’ensemble de l’individu, la perturbation pouvant avoir une (ou plusieurs) cause (s) éloignées, sans rapport apparent avec l’organe ou le système perturbé. Cette conception de la santé, dite holistique (prenant en compte l’intégralité de la personne), exige un important travail de dépistage, et par conséquent d’amples connaissances dans des domaines aussi variés que la nutrition, la psychologie, la posturologie, la neurologie, l’orthopédie, et bien d’autres.

Contrairement aux idées reçues, la pratique scrupuleuse des médecines naturelles, et plus particulièrement de la chiropractie, requiert des docteurs hautement qualifiés et perspicaces. Aujourd’hui, consulter un Docteur en chiropractie est un gage de sérieux, de compétence, et de sécurité.
La formation, rigoureuse et exhaustive, couvre toutes les disciplines et les sciences modernes, qui sont le fondement de l’exercice médical. Au total, l’étudiant assiste à cinq mille heures de cours : un vrai parcours du combattant ! La chiropractie s’enseigne dans des collèges spécialisés, supervisés par les instances officielles. Depuis une vingtaine d’années, la France aussi dispose de son école de chiropractie, qui n’a rien à envier aux collèges nord américains. Et une bonne nouvelle ne venant jamais seule, la profession a enfin obtenu de la part du Sénat une reconnaissance officielle. À titre indicatif, la chiropractie est reconnue un peu partout à travers le monde et sa notoriété ne fait que croître ; de nombreuses personnalités politiques, dans le monde du spectacle et celui du sport, se font suivre par chiropractie.

 

Titulaire d’un Doctorat en chiropractie (D.C) obtenu à la suite de six années d’études universitaires, le nouveau diplômé est alors autorisé à exercer son métier.

Toute consultation débute par un questionnement précis du patient, puis se poursuit par un examen physique approfondi, et souvent la prescription de radiographies. Notre formation scientifique rigoureuse nous permet d’établir un diagnostique, et de décider objectivement si oui ou non le malade ne présente pas de contre-indication aux soins qui lui seront proposés. La santé de son patient étant sa priorité absolue, un docteur en chiropractie n’hésitera pas une seconde à le référer à un collègue d’une autre spécialité, si le problème ne relève pas de sa compétence, ou s’il doute de l’exactitude de son diagnostique. Durant sa formation, le futur praticien prend conscience de ses responsabilités ; on ne plaisante pas avec le respect de la déontologie.
Ensuite, le chiropraticien explique à son patient ce dont il souffre, lui décrit la nature du traitement qu’il s’apprête à lui administrer ainsi que le nombre de séances qu’il faudra ; la thérapie peut alors débuter. En moyenne, 3 à 6 séances suffisent. La majorité des chiropraticiens préconise un entretien périodique afin de limiter les risques de récidive : 2 à 4 séances par an permettent généralement de contrôler la situation.

Nous le savons, le corps et l’esprit fonctionnent en symbiose. Durant sa vie, un individu prend des coups, au sens propre et au figuré ; ces blessures ne s’estompent jamais, elles sont juste stockées, remisées quelque part. En ajustant un patient, on déclenche parfois une résurgence du souvenir de l’épisode traumatisant ; le déblocage physique réveil la mémoire de l’évènement qui lui est associé, l’occasion rêvée pour le malade de s’en affranchir.

Au sein même de la profession, certains se spécialisent. Par exemple, la kinésiologie (que d’autres corps de métier liés à la santé ont récupéré et modifié à leur profit), inventée par un chiropraticien Américain du nom de G. Goodheart, se sert des groupes musculaires à des fins diagnostiques ; cette méthode, complexe et originale, est largement répandue parmi nos confrères.

D’autres, dont l’auteur, convaincus de la pertinence du principe d’intervention minimum (théorie selon laquelle les traitements les plus efficaces sont ceux qui respectent l’intégrité physique et morale de la personne ; autrement dit, privilégier la qualité au détriment de la quantité : mieux vaut effectuer un ajustement parfaitement indiqué, que trois ou quatre non ciblés et inefficaces…) concentrent toute leur attention sur un segment du rachis, qu’ils considèrent comme fondamental dans le déclenchement - et par conséquent la guérison - de la maladie. Des collègues ne soignent que le bassin, d’autres que les hautes cervicales, constituées de deux vertèbres, l’atlas (C1) et l’axis (C2), tout à fait atypiques tant sur le plan anatomique que biomécanique.
Ajuster les deux vertèbres cervicales supérieures procure des guérisons surprenantes…

Hormis les malades atteints de pathologies pour lesquelles l’ajustement est contre-indiqué (fractures, tumeurs, ostéoporose…), chacun peut bénéficier en toute sécurité des soins chiropratiques.

 

Chez les enfants, des résultats impressionnants sont obtenus sur les otites et les affections o.r.l, sur les scolioses, et en règle générale pour surveiller la croissance.

 

Chez les adultes, les indications sont innombrables : rachialgies diverses, maux de tête, acouphènes, vertiges, tensions et dérèglements dus au stress, insomnies, troubles digestifs, asymétries posturales…

De nombreux patients, fidèles de longue date à la chiropractie, se font ajuster périodiquement à titre préventif ; ils savent que cet entretien les aide à vivre en meilleure santé. Une fois la douleur sous contrôle, pourquoi ne pas chercher à aller mieux ? Pourquoi se contenter de ne pas trop souffrir, alors que le bien-être se trouve à portée de main ? Avant de raisonner de la sorte, il faut d’abord soigner le mal…

 

La santé est une pyramide dont les étages se gravissent un par un ; chacun est libre d’en entreprendre l’ascension, à condition d’y être motivé ; en y réfléchissant bien, quelqu’un qui souhaite accéder au bien-être, qui investit du temps et de l’énergie à l’amélioration de ses facultés psychiques et corporelles, doit bien viser un objectif ! ? Rien ne se fait par hasard ; ce que nous nommons hasard n’est que le reflet de notre ignorance. Passé un certain stade, la recherche de la santé optimale devient une quête initiatique, une délicate alchimie entre connaissance, prise de conscience physique et mentale, et spiritualité… mais c’est une autre histoire, que vous pouvez suivre au chapitre Santé !